La nouvelle dans tous ses états...

Aventures de mer

 
5 nouvelles
dont 4 en hommage à Henry de Monfreid

Lire quelques extraits de chacune de ces nouvelles,
c'est s'embarquer immédiatement vers de nouveaux horizons...
Café corsé
L'imposteur
Extrait de L'Imposteur
Extrait de Café corsé
..."Mordom ne pouvait que se féliciter des précautions qu’il avait prises. Il ordonna de trancher à la hache l’amarre de mouillage et de border les écoutes, les brins de laine cassèrent d’un coup et «Étoile Matutine», voiles subitement gonflées, s’enfuit cap au large. Inévitablement les zarougs plus rapides ne pouvaient que rattraper le boutre mais Henry comptait utiliser ce délai pour élaborer une stratégie de combat. Il ordonna à Hamala de fixer deux bâtons de dynamite sur sa lance et de s’apprêter à viser le mât du premier zaroug qui se trouvait maintenant à deux longueurs. Les Zaranigs commençaient à faire tournoyer leurs grappins d’abordage lorsque Mordom alluma les mèches des explosifs. Aussitôt Hamala d’un jet précis projeta sa lance qui vint se planter à bonne hauteur dans le mât des pirates. Ceux-ci paniqués se jetèrent à l’eau alors que leur bateau explosait en prenant feu. Prudent, le second zaroug abandonna la poursuite et s’en fut repêcher les pirates survivants qui appelaient à l’aide.
De toute évidence l’arrivée de la caravane n’était pas passée inaperçue, le plus dur restait à faire. Le traversée de la mer Rouge jusqu’à Djibouti risquait fort de se terminer par une rencontre avec un patrouilleur chargé de faire respecter le blocus imposé par les britanniques. Ensuite, si tout se passait bien, le transport de la marchandise par train de Djibouti à Addis Abeba serait une partie de plaisir. Mais encore fallait-il traverser sans encombre."...
..."Une heure plus tard le patrouilleur se trouvait à une encablure du boutre, la partie semblait perdue. Mais au lieu de l’arraisonner selon les règles maritimes en venant se positionner bord à bord, Mordom éberlué vit le patrouilleur arriver perpendiculairement sur lui dans l’intention de l’éperonner. Apparemment la haine de Traven surpassait sa raison. Dans moins d’une minute « Etoile Matutine » ne serait plus qu’une épave éventrée. La tension à bord du boutre était à son comble. Mordom ordonna de préparer la chaloupe. Puisqu’il allait perdre son bateau et tout son chargement au moins sauverait-il l’équipage et les passagers. Tous les espoirs et les efforts de plusieurs années de travail seront dans quelques instants anéantis. La bonne société de Djibouti se réjouira de voir enfin tomber celui qui a choisi la liberté plutôt que le troupeau. Au moins Mordom pourra-t-il se consoler d’avoir préféré le risque et l’aventure à un destin tout tracé.
Soudain Abdi  poussa un cri!
—Capitaine, ici un endroit plus sombre, trente mètres devant !
—Timonier : barre à gauche, on tente le passage, tout le monde à la gîte !"...
La cargaison maudite
Trahison en mer Rouge
Extrait de La cargaison maudite
Extrait de Trahison en mer Rouge
..."Bientôt la colonne fut suffisamment proche. Alors que le chef zaranig allait donner l’ordre de tirer et qu’il s’attendait à une victoire facile, la caravane stoppa. Soudainement des hommes fortement armés, jusque-là dissimulés derrière les dromadaires chargés des sacs de sel, surgirent et délaissant le défilé s’élancèrent dans les hauteurs en direction du sommet de la falaise. Ils escaladèrent celle-ci et se trouvèrent positionnés au-dessus des pirates dissimulés eux à mi-hauteur. D’assiégeants, les zaranigs se retrouvèrent en situation d’assiégés. Ils firent volte-face et tournant le dos au défilé se tapirent à l’abri des roches. Ils ouvrirent un feu nourri qui ne toucha personne. Protégés dans les anfractuosités des roches, les belligérants ne pouvaient atteindre leur cible. La guerre de tranchée risquait de durer un certain temps. Cela inquiétait les zaranigs qui, assoiffés lors de leur progression dans le désert face au Khamsin, avaient épuisé leur réserve d’eau. Jusqu’alors ils ne s’en étaient pas inquiétés, comptant récupérer les réserves de la caravane. Comme leurs ennemis n’avaient toujours pas ouvert le feu, les zaranigs s’attendaient à un siège afin de les laisser mourir de soif. Mais la chaleur était telle que cette fournaise se transformerait en véritable épreuve pour les deux parties et semblait peu envisageable. Quelle était la stratégie de l’ennemi ?"...
..."Les Anglais tout occupés à secourir les naufragés n’avaient pas vu arriver un boutre sorti de l’abri des îles et qui se dirigeait sur eux. L’équipage du nouvel arrivant, sans équivoque, pointait ses armes dans leur direction. Pris entre deux feux, Traven décida de profiter de la puissance de son moteur et ordonna à l’officier de quart de mettre en avant toute, pour se dégager de la zone afin de laisser sur place ces plaisantins. Le moteur rugit puis se bloqua soudainement alors que le bateau culait brutalement.
 
Traven n’eut pas le temps de réaliser que déjà le boutre l’abordait et il reconnut un visage qu’il connaissait bien, son vieil ennemi Mordom.
 
—Commandant je crois qu’un plongeur a dû vous enrouler un cordage sur l’arbre d’hélice et taquins comme je les connais, ils ont sûrement relié ce cordage à une ancre bien accrochée dans le corail. Je crois que vous êtes pris comme une grosse mouche dans une toile d’araignée, ironisa le nouvel arrivant."...
..."La providence vint au secours de Marc et en décida à sa place. Une rafale plus forte que les autres déchira la suédoise la réduisant en lambeaux. Aussitôt le voilier soulagea, devint plus souple à la vague et la barre devint plus maniable. Cependant, loin de se calmer, les éléments ne firent qu’empirer accélérant encore la vitesse du bateau qui menaçait maintenant de sancir* en passant cul par-dessus tête. Une déferlante plus violente que les précédentes submergea la poupe* et le barreur ne dut son salut qu’à sa ligne de vie* qu’il avait eu soin de crocheter. Il fut décollé du cockpit et se retrouva allongé sur le passavant* retenu par son harnais. Il regagna le poste de pilotage et reprit la  barre pour constater que son canot habituellement fixé sur le pont avait été arraché. Le grondement effroyable qui avait accompagné la vague monstrueuse l’avait empêché d’entendre le choc.
Il fallait à nouveau intervenir et ralentir cette course folle car la seule pression du vent sur le mât était considérable. Il n’y avait qu’une seule alternative, le faire tomber.
Le solitaire attendit un moment plus favorable, décrocha sa ligne de vie et bloquant la barre, se précipita sur le pont une cisaille à la main. Après des efforts intenses il réussit à couper les haubans en épargnant le pataras, câble qui tient le mât sur l’arrière. Il entendait ainsi traîner l’espar* dans son sillage telle une ancre flottante* afin de freiner sa vitesse. Au moment où le mât passait par-dessus bord un hauban s’enroula autour de la cheville du marin et le précipita à l’eau. Marc, qui n’avait pas pris la peine de s’harnacher, pensa sa dernière heure arriver. Dans cette immensité liquide où il n’avait aucune chance d’en réchapper, mieux valait se laisser couler que de lutter des heures en prolongeant son supplice."...
L'île
Extrait de L'île

cOMMENTAIRES

La parole est à vous... Commentaires appréciés...
(aucun)
Votre nom
*
Votre adresse mail
ne sera ni affichée sur le site ni transmise à quiconque
Votre site web
Votre commentaire
*
* Champ obligatoire
envoyer